-
Porteur de projetLa maison de la Conversation
-
ThématiqueVille solidaire et résiliente
-
Localisation18e arrondissement de Paris
-
Type de projetRecherche-action
-
Période de soutien2026 - 2028
-
Objectif de développement durable11/Villes et communautés durables
Solidark – rester solidaire sous les ténèbres : transformer la crise en force collective avec CONVx.
Dans le nord du 18ᵉ arrondissement de Paris, le quartier Porte Montmartre – Porte de Clignancourt – Moskova s’étend entre le boulevard périphérique et l’ancienne Petite Ceinture ferroviaire. Si le quartier est dense et animé, il reste confronté à des fragilités sociales persistantes. 90 % de ses 15 000 habitants vivent en logement social. Près de 38 % des familles sont monoparentales. Un quart des jeunes de 16 à 25 ans n’est ni en emploi ni en formation. La moitié des adultes ne possède pas de diplôme.
Dans ce contexte, les liens de voisinage peuvent se fragiliser et la défiance envers les institutions s’installer. À ces difficultés s’ajoute une autre vulnérabilité, moins visible. Dans un quartier urbain dense, à forte dépendance numérique et logistique, une panne électrique de grande ampleur pourrait rapidement provoquer des effets en cascade : chauffage interrompu, ascenseurs bloqués, isolement des plus vulnérables, communications coupées ou accès à l’eau perturbé.
C’est à partir de ce scénario que l’association la maison de la Conversation et le CrisisLab ont décidé de lancer Solidark, une recherche-action qui explore une question : comment un quartier populaire peut-il renforcer sa capacité à faire face à une crise de type blackout électrique, en s’appuyant d’abord sur des solidarités locales ?
Faire de l’entraide un outil de résilience face aux crises
Au cœur de Solidark se trouve une conviction. Les ressources nécessaires pour faire face à une crise existent déjà dans les territoires, dans les pratiques quotidiennes, les réflexes culturels et les savoirs d’expérience des habitants. L’objectif du projet est de les identifier et de les transformer en solutions collectives.
Pour cela, quinze habitants représentatifs du quartier – bénévoles associatifs, mères isolées, jeunes, seniors, personnes issues de l’immigration ou en situation de handicap, acteurs de la vie locale – seront réunis dans un parcours participatif. Accompagnés par l’association, ils travailleront selon la méthodologie CONVx. Son principe : par petits groupes, les participants élaborent et présentent des solutions issues de leurs expériences, puis les confrontent au regard d’un public et d’experts selon le principe de contradiction constructive pour nourrir l’intelligence collective.
Au préalable, les 15 habitants recrutés mèneront une enquête de terrain auprès de leurs pairs, des associations, des commerçants, des bailleurs sociaux ou encore des services municipaux. Leur objectif sera de recueillir les pratiques d’entraide déjà présentes dans le quartier et d’identifier les ressources disponibles en cas de crise. À partir de ces échanges, ils élaboreront plusieurs scénarios d’organisation collective face à un blackout électrique prolongé. Ils seront ensuite formés pour devenir porteurs de solutions et moteurs de la résilience collective du quartier.
Le travail donnera lieu à une performance publique. Chaque groupe disposera de cinq minutes pour présenter une proposition d’entraide, suivie d’un échange avec un panel composé de chercheurs, d’urbanistes, d’acteurs sociaux et d’habitants. L’équipe du projet, analysera ces interactions pour comprendre comment se construisent les dynamiques de coopération.
L’ambition est de faire émerger quatre à six solutions concrètes adaptées aux besoins du quartier. Elles seront rassemblées dans un livrable collectif accessible et multilingue, diffusé largement auprès des habitants. Les bailleurs sociaux et les institutions locales pourront également s’appuyer sur ce travail pour renforcer leurs dispositifs de prévention et de mobilisation citoyenne.
Un séminaire de restitution réunira partenaires publics, chercheurs et acteurs locaux en fin de projet, afin d’en partager les enseignements. Les outils développés pourraient être reproduits dans d’autres territoires, présentant les mêmes vulnérabilités. Et faire ainsi la démonstration que la résilience d’un quartier ne se décrète pas, mais que cette dernière repose aussi sur la capacité de ses habitants à dialoguer et à agir ensemble.
-
10 000 habitants concernés
-
15 habitants experts formés
-
4 à 6 solutions concrètes co-conçues
-
1 livrable prêt à diffuser
La structure
Implantée dans le 18e arrondissement de Paris, la maison de la Conversation développe des dispositifs de dialogue et d’écoute pour renforcer le lien social et l’éducation à la citoyenneté. Convaincue que la conversation peut devenir un levier d’engagement dans l’action collective, l’association conçoit des formats participatifs où les habitants, les associations et les organisations échangent, expérimentent et créent ensemble. Pensée comme un tiers-lieu d’innovation sociale, elle favorise la rencontre entre des personnes qui ne se croiseraient pas autrement et promeut une culture de l’écoute, du débat et du « faire avec ». La structure agit particulièrement auprès des publics socialement ou professionnellement isolés.